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Komorebi木漏れ日

Journal · · 5 min de lecture

Une ancienne route de pèlerinage à travers les forêts de la péninsule de Kii, et ce qu’il en est vraiment de la parcourir à pied.

Sentier à travers une haute forêt de cèdres, dans une lumière tachetée

Le Kumano Kodo est un réseau de chemins de pèlerinage qui serpente dans les montagnes de la péninsule de Kii, au sud d’Osaka. Depuis plus de mille ans, empereurs, moines et simples fidèles les empruntent pour rejoindre les trois grands sanctuaires de Kumano. Ces routes sont aujourd’hui inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO et comptent parmi les randonnées les plus marquantes du Japon.

Elles sont aussi vallonnées, souvent humides, et plus exigeantes que les photographies ne le laissent paraître. Voici ce qui vous attend vraiment.

Quel itinéraire choisir

Il existe plusieurs routes. La plupart des voyageurs empruntent le Nakahechi, l’ancienne route impériale, qui part des environs de Tanabe et file vers l’est à travers les montagnes jusqu’au Kumano Hongū Taisha. C’est la mieux équipée, avec de petites auberges en chemin et des bus pour faciliter le départ comme l’arrivée.

Le Nakahechi complet jusqu’à Hongū se parcourt généralement en trois ou quatre jours. Beaucoup n’en font qu’une partie, et c’est une excellente façon de le découvrir. Nous proposons souvent deux ou trois jours de marche, avec des nuits dans les villages qui jalonnent le sentier.

D’autres routes, comme le Kohechi au départ de Kōyasan, sont plus longues, plus raides et plus isolées. Elles conviennent aux marcheurs aguerris, à l’aise avec des infrastructures plus rares.

À quoi ressemble la marche

Attendez-vous à la forêt. De grands cèdres et cyprès, de la mousse partout, des marches de pierre polies par des siècles de pas. De petites statues et de modestes sanctuaires de pierre, les Ōji, balisent le chemin. Entre les arbres, des crêtes bleutées s’étagent avant de se perdre dans la brume.

Attendez-vous aussi au relief. Le sentier ne cesse de monter et de descendre, souvent sur des pierres raides et inégales. Une journée type compte de 10 à 20 kilomètres et plusieurs centaines de mètres de dénivelé positif, soit cinq à huit heures de marche à un rythme tranquille, pauses comprises. Vos genoux sentiront les descentes bien plus que vos poumons les montées.

Nul besoin d’être un athlète. Il faut en revanche être à l’aise pour marcher la majeure partie de la journée, plusieurs jours d’affilée, sur un terrain accidenté.

Quand partir

  • Le printemps, de mars à mai : doux et frais, avec les cerisiers de montagne en fleur début avril.
  • L’automne, d’octobre à novembre : ciel dégagé, air plus vif, quelques couleurs dans les feuillages.
  • L’hiver : froid mais souvent sec, et d’un grand calme. Certaines auberges ferment ou réduisent leurs services.
  • L’été : chaud et humide, et la saison des pluies, en juin, peut être intense. Des typhons sont possibles de la fin de l’été jusqu’à l’automne.

La péninsule de Kii est l’une des régions les plus pluvieuses du Japon. Quelle que soit la saison, prévoyez la pluie. La forêt n’en est, à vrai dire, que plus belle.

Où dormir

Les nuits se passent dans de petites auberges et maisons d’hôtes familiales, au fil des villages du sentier. Les chambres sont simples, le plus souvent en tatamis avec futons. Beaucoup disposent de bains alimentés par une source chaude. Le dîner et le petit-déjeuner sont généralement inclus, et excellents : légumes de montagne, poissons de rivière, pickles, riz.

Ces auberges sont petites et se remplissent vite, surtout au printemps et à l’automne. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous conseillons de vous y prendre plusieurs mois à l’avance.

À l’arrivée, de nombreux marcheurs séjournent dans les villages d’onsen proches de Hongū. Yunomine, l’une des plus anciennes stations thermales du Japon, abrite un minuscule bain au bord de la rivière, fréquenté par les pèlerins depuis des siècles. Tout près, à Kawa-yu, l’eau chaude jaillit directement du lit de la rivière.

Vos bagages

Vous ne portez pas vos bagages. Un service local les achemine généralement chaque jour d’une auberge à l’autre ; vous marchez donc avec un simple sac à dos de journée : de l’eau, un déjeuner, une veste de pluie, un peu d’espèces. Les auberges préparent souvent un panier-repas pour la route.

Que prendre avec soi

  • Des chaussures ou des bottines de marche déjà rodées, avec une bonne accroche. Les pierres glissent par temps humide.
  • Une vraie veste imperméable, et une housse de pluie pour votre sac.
  • Des bâtons de marche, surtout pour les descentes.
  • Des espèces. Les petites auberges et les étals en libre-service au bord du chemin n’acceptent souvent pas la carte.
  • Une petite serviette. Vous vous en féliciterez.

Marcher avec un guide

Beaucoup parcourent le Nakahechi en autonomie, et le sentier est bien balisé. Un guide apporte autre chose : les histoires derrière les sanctuaires, le nom des plantes, le bon rythme lors d’une journée escarpée, et un mot discret à l’auberge à votre arrivée. Lors de nos voyages, un guide de randonnée local vous accompagne au moins le premier jour, et plus longtemps si vous le souhaitez.

Au rythme du pèlerin

Le Kumano Kodo n’a jamais été fait pour être parcouru vite. Les pèlerins s’arrêtaient à chaque Ōji pour prier, se reposer et contempler. Faites de même. Asseyez-vous sur les marches de pierre, buvez votre thé, laissez passer les marcheurs derrière vous. Le sentier est là depuis mille ans. Il n’est pas pressé, et vous ne devriez pas l’être non plus.