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Komorebi木漏れ日

Journal · · 5 min de lecture

Kyoto est très fréquentée. Elle sait aussi être profondément paisible, pour qui sait où et quand la regarder.

Passerelle de bois déserte longeant un jardin de mousse et un pavillon de temple, Kyoto

Soyons d’abord honnêtes : Kyoto est très fréquentée. Sur ses sites les plus célèbres, un week-end de printemps, on a parfois l’impression que le pays tout entier a eu la même idée. C’est d’ailleurs le cas. Quiconque vous promet un Fushimi Inari désert à midi en avril ne vous dit pas la vérité.

Mais à Kyoto, la foule est concentrée. Elle se presse dans une douzaine de lieux célèbres, tout au plus, et surtout entre 10 h et 16 h environ. Il suffit de sortir de ces horaires, ou de s’écarter de quelques rues, pour que la ville retrouve un calme qui nous surprend encore.

Partir tôt

À 7 h, Kyoto appartient aux moines et aux jardiniers. Beaucoup de temples ouvrent tôt, certains vers 6 h, voire avant, et cette première heure révèle une tout autre ville. Les allées viennent d’être balayées et sont encore humides. On entend le râteau sur le gravier avant de l’apercevoir.

Les torii du Fushimi Inari sont accessibles jour et nuit. À 6 h 30, un jour de semaine, vous pouvez marcher vingt minutes sans croiser personne. À 10 h, on se presse déjà épaule contre épaule sous les premiers portiques.

Un départ matinal implique un déjeuner précoce et, si le cœur vous en dit, une sieste l’après-midi. Nous prévoyons l’un comme l’autre.

Partir tard

Le même principe vaut en fin de journée. Les excursionnistes quittent Arashiyama en fin d’après-midi, et la bambouseraie retrouve sa sérénité dans la dernière lumière ou à la nuit tombée. Les ruelles de Gion ne sont jamais aussi belles qu’après le dîner, lorsque les lanternes s’allument et que les groupes sont repartis.

Certains temples proposent des ouvertures nocturnes pendant les saisons des cerisiers et des érables. Elles peuvent elles aussi attirer du monde, mais elles sont magnifiques et méritent d’être connues. Les dates changent chaque année.

S’écarter un peu

Pour presque chaque lieu célèbre, il existe à proximité un endroit plus tranquille, tout aussi gratifiant.

  • Plutôt que le Kinkaku-ji à midi, découvrez les jardins de mousse d’Ōhara, dans les collines au nord : à une heure de route, c’est un autre monde.
  • Plutôt que la bambouseraie d’Arashiyama, poursuivez la promenade jusqu’aux petits temples qui s’étendent au-delà, vers Adashino et la villa Okochi Sanso : la foule s’éclaircit tous les cent mètres.
  • Plutôt que l’accès principal au Kiyomizu-dera, empruntez les ruelles latérales un matin de semaine, ou visitez le Tōfuku-ji hors de la saison des érables, lorsqu’il est paisible et immense.
  • Plutôt que le marché Nishiki à l’heure du déjeuner, rendez-vous le matin dans un marché de quartier, à l’heure où les habitants font vraiment leurs courses.

Aucun de ces lieux n’est un secret. Ils sont simplement un peu plus éloignés, et la plupart des visiteurs manquent de temps pour s’y rendre.

Choisir le bon mois

La pleine floraison des cerisiers et le pic des érables sont les semaines les plus chargées de l’année, et les prix grimpent en conséquence. Si ce sont ces moments-là qui vous font rêver, nous organiserons votre voyage avec le plus grand soin. Si vous disposez d’un peu de souplesse, pensez à :

  • Début à mi-mai, après la Golden Week : feuillages d’un vert tendre et températures agréables.
  • Juin : la saison des pluies éloigne les visiteurs, et les jardins de mousse sont alors à leur plus vert. Munissez-vous d’un parapluie : vous ne regretterez pas le voyage.
  • Début décembre : les derniers érables, des ciels limpides et beaucoup moins de monde.
  • Janvier et février : le froid, l’immobilité, parfois la neige sur les toits des temples. La Kyoto la plus silencieuse qui soit.

Choisir le bon jour

Évitez les sites célèbres le week-end et pendant les jours fériés japonais. La Golden Week, fin avril et début mai, et les congés d’Obon, à la mi-août, sont particulièrement chargés. Réservez le samedi aux quartiers plus discrets et le mardi aux grands temples.

Rester plus longtemps

La meilleure façon d’échapper aux foules de Kyoto, c’est encore d’y rester assez longtemps pour ne plus s’en soucier. Avec quatre ou cinq nuits, vous pouvez découvrir un lieu célèbre à l’aube, vous reposer à midi et passer l’après-midi dans une maison de thé ou un jardin que la plupart des visiteurs ne trouvent jamais. Avec deux nuits, vous êtes emporté par le flot.

À Kyoto, nous prenons le temps de vraiment séjourner. Cela signifie généralement une machiya, maison de ville traditionnelle en bois restaurée, dans un quartier résidentiel où le premier bruit du matin est celui d’un voisin qui balaie le pas de sa porte.

Un mot sur les bonnes manières

Certains quartiers anciens de Kyoto, en particulier autour de Gion, ont beaucoup souffert de visiteurs photographiant les habitants ou s’aventurant dans des ruelles privées. Les règles et la signalétique évoluent, et certaines ruelles sont désormais fermées aux touristes. Nous vous remercions de les respecter et de demander la permission avant de photographier qui que ce soit. Kyoto est une ville vivante. Traitez-la comme la maison de quelqu’un, car c’en est une.